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Aujourd'hui la grande majorité des éléments sonores sont numérisés et deviennent donc du langage binaire (0 & 1) pour être stockés et manipulés. Le langage commun tend à faire dire que le son est numérique .... et que de là, il ne peut plus rien lui arriver: puisqu'il est numérique. On peut le copier comme on veut, on peut le manipuler et le transformer à volonté sans risque aucun. Mais il n'en n'est rien !!!
Si en effet certaines copies faîtes dans quelques formats appropriés sont des copies parfaites et quasi sans dégradation, ce n'est certes pas une règle applicable systématiquement, loin s'en faut. La compression de données passant par là, pour gérer des problèmes de flux ou, et de stockage, nuit très gravement à la santé de notre langage binaire et les pertes au champ “de l'effet de masque” sont terribles. Prudence quand on fait des copies, et faisons les en connaissance de cause.
La manipulation de ces 0 & 1 n'est pas anodine. On trouve un peu partout des solutions logicielles pour passer d'un format de fichier à un autre (wav vers SD2 par exemple), d'un fichier son échantillonné à une fréquence que l'on passe à une autre (44,1 vers 48 Khz par ex). Ce n'est que du binaire, de l'informatique, mais les algorithmes mathématique utilisés ne sont pas tous les mêmes, ou ne sont pas programmés de la même manière. Encore une fois prudence lors de la manipulation de fichier, une simple “moulinette” peut-être fatale.
Une seule règle: Faîtes fonctionner vos oreilles, il faut toujours comparer le son transformé à son original !
La technologie, pour peu qu'elle soit professionnelle, a évolué de telle sorte qu'aujourd'hui le matériel peut devenir intrinsèquement secondaire.
En effet, la mauvaise mise en oeuvre de ces outils peut gâcher tout espoir d'obtenir un résultat professionnel: comment réaliser un montage son ou un mixage sur une machine où l'on entend plus le ventilateur que les sons qui sortent d'enceintes, parfois pro, placées de manière aléatoire dans un environnement acoustique lui aussi hypothétique. Le lieu est un des facteurs déterminants pour le son. Viendrait-il à l'idée de faire un étalonnage d'image sur un écran déréglé ou en plein soleil ?
Aujourd'hui le nombre de pistes sur les machines est exponentiel. Nous arrivons à avoir 25 pistes avec chacune un ou deux moutons pour avoir une bergerie au final. Conclusion au mixage il faut passer plus de temps pour “créer” cette bergerie, temps que l'on ne possède que de moins en moins. La technologie nous permet des choses que l'on ne pouvait imaginer il y a quelques petites dizaines d'années, profitons-en pour créer, pas pour nous compliquer la vie.
De manière étonnante ces deux thèmes ne vont pas toujours de paire. Exemple: nous avons aujourd'hui à notre disposition des machines professionnelles possédant des caractéristiques époustouflantes en dynamique (plus de 100 dB), pourtant quand on analyse le produit qui est à la disposition du public il ne reste bien souvent que quelques poignées de décibels, sous couvert de diffusion (radio, Tv, etc ..) il faut aplanir, lisser, et écraser la vie du son. Méfions nous de cette uniformisation, nous avons tous les outils pour l'éviter, profitons-en.
La qualité du son est dans la maîtrise de la chaîne. Il ne faut rien négliger, le moindre câble, le plus anodin des appareils de part sa qualité propre risque de détériorer le son qui le traverse, le transfert le plus banal doit être fait dans les règles, les dégradations sont bien souvent définitives. C”est aussi pour cela qu'il faut toujours contrôler chaque opération, non seulement avec des appareils adaptés, mais aussi et surtout avec ses oreilles.
En analogique les problèmes sont assez vite identifiables, ils sont connus et reconnus, en numérique un câble non adapté amènera une dégradation plus insidieuse et seuls la vigilance et une oreille exercée repéreront le problème rapidement.
Le son capté par ces deux familles de micros (sur une perche ou lavallière) est très différent. Nos oreilles et notre coeur nous font utiliser un micro au bout d'une perche, le son est ainsi timbré du lieu où la prise de son a été faite. Le micro cravate, lui, a tendance à aplanir les lieux et isoler les personnages de leur contexte, l'utilisation est donc plus restrictive. La somme des deux est aussi intéressante et permet de jouer entre ces deux limites. Une fois de plus, pas de règles, pas de recettes ....De surcroît, l'addition n'est pas toujours simple, la phase nous le rappelle.
Le son nous transmet de l'information: par la parole ce sont les mots et le langage de ces derniers qui nous renseignent sur les propos de l'intervenant; par les bruits on sait où l'on se situe ou si quelque chose se passe en dehors de notre champ visuel.
Mais à l'information s'additionne l'émotion. Notre culture, notre passé, notre expérience de la vie font qu'un son (voix, musique, bruit,... ) va déclencher chez nous des troubles et provoquer de la joie, de la peur, ... Ne pas prendre en compte le paramètre de l'émotion sonore, c'est prendre un risque sur les intentions, et oublier une des fonctions essentielles du son.
On peut entendre de manière unique ou multiple, c'est à nous d'amener l'auditeur là où nous voulons.
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